Pleurs de poète

 

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Pleurs de poète

par Annie Perrier

 

L’atelier se termine, il me manque un sonnet,

Car ma muse est en froid et réclame un polaire,

Je dois la réchauffer, je crains fort sa colère,

Ne sachant pas broder même un simple bonnet.

*

Je frappe chez l’ami pour emprunter sa rime,

Il me faut éviter que la mienne périme,

Elle file aussitôt comme un pauvre rebras.

*

Que vais-je devenir si ma chandelle est morte ?

Pleurer de tout mon saoul et puis baisser les bras ?

De l’inspiration forcer un peu la porte ?

*

Voudra-t-elle toujours d’un triste écrivaillon,

Qui pêche encor ses vers à la saveur morose,

Dans un étang stagnant aux senteurs d’eau de rose,

Lassé de parfumer un modeste haillon ?