Abîmé

 

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Mes yeux tristes d’aimer, en miroirs résignés,
Résumaient à eux seuls ma parole hésitante
Quand tu as formulé, sous des airs indignés :
Tes précoces adieux à ma chair palpitante


Tel un geste guetté, la blessure du Cœur
Fut traduite en deux mots d’intime allégorie :
J’ai haï ton sourire exquisement moqueur,
Quand la gifle a rosi ma joue endolorie !


D’abord, il m’a semblé qu’aux paupières mes pleurs
Surgissaient tout à coup par les portes d’un rêve ;
Puis, un trouble imprévu a trahi les douleurs
Expressives d’une âme en émoi qu’on achève…


D’avoir tant redouté l’immanquable abandon,
J’ai imploré les dieux, offensé la décence !
N’ayant plus nul espoir d’obtenir le pardon :

Tout mon être abîmé souffrira ton absence.

© Yánnučój WĄTESŻĄ → 09/10/2018

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