
Le veilleur d’âme
par François Debuiche
Par les forêts du ciel, que plus d’un peine à voir
Quand, tombant par degrés, la nuit se vêt de noir
Et que souffle, caché, un vent mystique au ciel
Qui laisse deviner, à leurs éclats de miel,
Dans le sillage, ouverts, des Petite et Grande Ourse,
Quelques pots du nectar servi par mille abeilles,
Les constellations, entrouvrant une bourse
Faite des têtes d’or des étoiles vermeilles,
Font chanter la ramure, entre cime et perchoir,
Des arbres de leurs yeux, fréquentés des oiseaux.
La volière invisible, où bruissent les roseaux
Inouïs et secrets, alanguis en leurs eaux,
Entrouvre alors la porte aux symphonies du soir
Dont seul un veilleur d’âme entend le sombre appel.