Les fous

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LES FOUS

 par Dominique Kirchner

***  

Ils traînent leurs souliers dans ce couloir étroit,

Ou bien restent assis, prostrés sur une chaise,

Quand d’autres, agités, d’un geste maladroit,

Pourchassent des démons qui dansent sur la braise.

Ils ne disent un mot, ou rigolent tout seuls,

Tiennent de grands discours, de paix, de violence,

Et derrière ces murs blancs comme des linceuls,

On entend quelque cri déchirer le silence.

Certains sont criminels et pourtant innocents ;

Si leur main a tué sans verser une larme,

Ils n’ont fait qu’obéir aux êtres tout-puissants

Martelant leur cerveau d’un énorme vacarme.

Comme dans une glace, on voit dans leur regard

Les craintes qui parfois perturbent notre somme ;

Et si la peur érige un immense rempart,

Surtout n’oublions point qu’un fou demeure un homme.

*

Tiré de son recueil   « Le cri du corbeau »

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