Plage

2vYDSev

***

Plage

par Erratum

***

Plage… Mot enchanteur nous ouvrant l’horizon

Sur l’immense océan, fantastique mouvance,

Un moment gris ou vert, le suivant, bleu de France

Et sans cesse changeant, tel le caméléon…

*

Du flux et du reflux l’immuable chanson

Fait frissonner la grève et les vents, d’inconstance,

Apaisent leur haleine ou soufflent en puissance,

Zéphyr inoffensif ou fougueux Aquilon…

*

Le discret friselis de la vague mourante

Est noyé sous l’assaut de l’onde déferlante,

Amante sans répit du pâle sable plan :

*

Elle gronde puis chuinte, écumant au rivage

Et crisse, crache, glisse, épuisant son élan,

Découvrant en ressac, pour un instant, la plage…

 

La quête

 

p2H0g6a

La quête

par Acratopège

***

Il est parti trop tôt vers ces pays étranges

Où coulerait le miel dans des ruisseaux en fleur.

Du monde des humains, ce hâvre de douleur,

Son âme a disparu comme la part des anges.

*

Tel un faune immortel enivré par l’été,

Hier encore il courait dans la forêt ravie

Mais son cœur trop aimant soudain s’est arrêté

De battre la mesure et l’a laissé sans vie.

*

D’un claquement de doigts, la mort nous a privés

De son regard bleuté, plus clair que les névés

Quand se lève en secret la lune au teint de cire.

*

Il n’avait pas trente ans, ce père si câlin !

Enfin j’ai revêtu mon manteau d’orphelin

Pour explorer le monde en quête de son rire.

 

Ballade de la neige qui tombe

kJ59VXL

Ballade de la neige qui tombe

par Quéribus

***

Le ciel a sa teinte hivernale

Et la terre son blanc manteau,

Dans la froide saison finale

Qui souffle sur chaque coteau.

Les nuages font un linteau

Un peu comme sur une tombe ;

Couvrant les monts et le ruisseau,

Regardez la neige qui tombe.

*

Après la fraîcheur automnale,

Voici maître hiver à nouveau

Qui répand sa froideur banale

Sur la branche et sur le rameau ;

Une route pour le traîneau

S’écrit dans le bois et la combe ;

Formant un toit, un chapiteau,

Regardez la neige qui tombe.

*

Dessus l’école communale

Ou sur le moindre boqueteau,

Les flocons jouent leur bacchanale,

Formant un étrange faisceau ;

Il fait bien froid pour le moineau

Et plus d’une bête succombe ;

Bien à l’abri près du fourneau,

Regardez la neige qui tombe.

Il n’est plus de saisons

K6VfUf9.jpeg

***

Il n’est plus de saisons

par Hananke

*

Les champs sont emblavés et le fruit de la terre,

Fortune qui nourrit un être humain sur deux,

Inocule du vert aux limons argileux

Comme un printemps naissant après l’hiver austère.

*

Les arbres n’ont point d’ors et bien que tributaire

Des courants violents, le feuillage pileux

Est aux branches pendu tel un essaim moelleux

Dans les cieux où triomphe un astre autoritaire.

*

Il n’est plus de saisons dans la barque du temps,

Immobile, échouée aux vases des étangs

D’un automne attendu qui piaffe et s’exaspère !

*

Chaque année, à tout âge, en chœur, à l’unisson,

On entend le refrain de la même chanson :

Il n’est plus de saisons me disait mon grand-père.