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L’étang s’éteint
par Anje
Quand le soleil s’allonge au dos de la colline,
Le bosquet tire l’ombre, éteint l’après-midi.
Le crépuscule naît dans l’espace engourdi
Et le ciel au ponant s’orne de coralline.
*
Au sommet d’un grand arbre, où le feuillage luit,
Encore quelque instant d’une teinte cuivrée,
Silencieusement, le héron en livrée,
Ramassant son long cou, s’installe pour la nuit.
*
La surface de l’eau qu’un souffle léger plisse
En friselis brillant de reflets argentins,
Dandine les colverts, immobiles pantins
Aveugles de l’obscur qui doucement se glisse.
*
Afin de n’être plus qu’un paisible abreuvoir
Où les daims laperont la fraîche succulence,
Dans un petit moment envahi de silence,
La scène aura tiré son lourd voilage noir.
*
Savourant le plaisir de voir l’étang se teindre,
Je défroisse du doigt ta chevelure d’ors
Offerte à ma caresse. Entre mes bras tu dors,
Le spectacle s’achève et l’étang va s’éteindre.
